En direct ou presque…

Jour 1
Dimanche 23 septembre
Mont-St-Joseph (17,1 km)
Parcours contemplatif : Parc national de Miguasha (3,5 km)

Meteo_Nuageux
10°C
Vent: O 17 km/h rafale à 44
Humidité: 70%
Pression: 98,9 kPa +

12 degrés au petit matin, c’pas chaud pour le gerlot, diraient les vieux. Qu’importe. Le petit déjeuner est copieux, la compagnie de bonne humeur, et de loin, on entend Candide et Francine chanter quelque chose qui ressemble vaguement à un chant de marin.

Épique, avez-vous dit?

Heureusement, la belle et dynamique et souriante (on ne lui trouvera jamais assez de qualités) Nancy Gauthier nous a fait un « petit velours » de réchauffement dynamique; des chevilles aux sourcils, on est déjà pour ainsi dire « chauds » et prêt pour baptiser la TDLG Bottine 2018 de notre pas alerte.
Comme le trajet nous fait passer par un petit bout dans le village de Carleton, nous avons droit aux salutations enthousiastes d’une dame derrière son rideau de dentelle. On ne sait pas si elle a gardé la même vigueur pour les 208 randonneurs, mais grâce à nous, gageons que notre gentille inconnue est la première tendinite de poignet de la TDLG!

C’est sous une petite pluie qui hésite entre prendre de l’envergure ou retourner se coucher que nous entamons l’ascension du Mont St-Joseph.  Il faut supposer que nous menons de bonnes vies, parce que la pluie a finalement opté pour rentrer dans sa niche, sans doute dégoutée de tant de bonne humeur à bottine.
Le sentier, d’abord doux, se met à monter. Disons que ça parle moins que ça parlait en début de randonnée!

Ça monte. Ça monte. Ça monte encore.

C’est ici qu’on découvre qu’en Gaspésie, les distances et le dénivelé ne sont pas les mêmes qu’ailleurs. On a été élevés dans le système impérial, on s’est adaptés au système métrique, sur le Mont St-Joseph, on découvre le système Gespeg, où un kilomètre peut s’étirer le temps que ça prend pour qu’on estime que ça doit être ça.

Ainsi, le petit nouveau randonneur (confus) qui découvre les sentiers gaspésiens est persuadé que « c’pas loin » veut dire qu’il est presque rendu.
Erreur.

« C’pas loin », ça veut dire 8 litres de sueur, et autant de kilomètres (des vrais).

« T’es proche », ça veut dire 5 litres de sueurs et au moins deux barres tendres. Plus la sandwich, et le petit bouillon de Denis Henry  (la face la plus réconfortante du monde quand tu te rend compte que t’es loin d’être « proche »).

« T’arrives », ça veut dire calme toi le gros nerf sur la danse du shooter, pis prend ce qui te reste de gaz égal, t’as le temps d’un dernier pipi dans le buisson, d’un arrêt photo, et d’une couple de jurons bien sentis sur le fait que même quand « t’arrives » t’es pas tout à fait arrivé encore.

Mettons une chose au clair, tant que t’entends pas l’accordéon, t’es pas rendu.

Accordez cette largesse d’esprit au dénivelé, et vous aurez une idée de ce que veut dire « c’t’une petite montée ».

3 litres de sueur, la *&?$! de « p’tite montée ».

Rendus à l’église où on a mangé nos extra délicieuses sandwichs (sans compter le bouillon de poulet de ce cher Denis), on a dansé sur la house électro endorphinée du déchainé Olivier qui se change en loup garou Mr Nokturn le soir venu.

Et on a redescendu ça rien que sur une gosse, frais comme des gardons, le pas alerte et l’humeur fanfaronne qui va avec les blagues niaiseuses qui nous font beaucoup rire quand on est fatigués. C’est pas grave, parce que ce qui se dit dans les descentes, reste dans les descentes.

Légende des bois? Il parait qu’une randonneuse a dansé le tango avec la côte jusqu’en bas en la redescendant à reculons.

Après, gavés d’air pur, on s’est comme de bien entendu, bourré la face dans le menu de ce cher Philippe Allaire; tataki de thon sur rémoulade aux agrumes, verrines de tartare de saumon, concombre et wazabi, gravlax de truite sur tartare de légumes au yogourt épicé, ossobuco de porc à la milanaise avec arancini et légumes sautés, et délicieux gâteaux au fromage et sa compote de fraises de la ferme Bourdages.

La Gaspésie Gourmande, on aime ça. La Gaspésie Gourmande à la fin d’une journée de plein air? On adooooooore.

Sophie Faucher nous a encore fait rire, d’une facétie dont elle a seule le secret, on a vu des images de notre premier cocktail sur la plage tournées au drône par la fabuleuse équipe de la Semelle Verte (Eric et Marie). On a crié « oh » et « ah » pareil que si on avait été aux Oscars (l’esprit gaspésien commence à nous contaminer…) et on a gobé le parcours du lendemain expliqué par Claudine, comme si on avait les jambes fraiches de Ginger Rogers et Fred Astaire.
Et là mes amis, on a fait la gaffe de se lever de nos chaises.

Épique, on a dit épique.

À la vie qui nous unit (et aux muscles endoloris qui nous unissent tout autant)!

En collaboration avec le programme de photographie du Cégep de Matane

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cbilodeauTDLG course et bottine | Jour 1 – 23 septembre 2018